Plan d’action de l’UE sur les mineurs non accompagnés

Avec l’accélération des flux migratoires vers l’Europe, Sylvie Laroche s’interroge sur les mesure prise par l’Union Européenne en matière d’accueil pour les jeunes enfants et notamment les mineurs non accompagnés.

Face à la traite des enfants, quelles mesures?

Aujourd’hui il existe une approche communes à l’échelle de l’Union Européenne avec plusieurs volets d’action. « Prévenir les migrations dangereuses et la traite des enfants et renforcer les capacités de protection dans les pays tiers, c’est la priorité, souligne Sylvie Laroche.

  • S’attaquer aux causes profondes de la migration et créer des environnements sûrs pour que les enfants puissent grandir dans leur pays d’origine en intégrant la question des mineurs non accompagnés dans la coopération au développement (réduction de la pauvreté, éducation, santé, politique du travail, droits de l’homme et démocratisation et reconstruction post-conflit).
  • Identifier et protéger les victimes potentielles de la traite des êtres humains par des activités de sensibilisation et de formation ciblées dans les pays d’origine et de transit à l’intention des enfants, de leurs familles et de toute autre personne qui est (ou sera très probablement) en contact avec eux.
  • Développer des systèmes de protection de l’enfance qui relient les services de tous les secteurs sociaux afin de prévenir et de répondre aux risques de violence, d’abus, d’exploitation et de négligence des enfants, de soutenir les enfants qui ne sont pas pris en charge par leur famille et de fournir une protection aux enfants placés en institution.
  • Financer des programmes de protection dans les pays tiers (projets qui comprennent au moins des installations d’éducation, soins médicaux et informations sur les droits des mineurs et sur les procédures) pour empêcher les mineurs de s’embarquer pour des voyages dangereux vers l’UE afin de demander une protection internationale.

Mineurs non accompagnés: des solutions durable

L’UE cherche à garantir des solutions durables en évaluant dans chaque cas s’il convient de renvoyer le mineur dans son pays d’origine, de lui accorder une protection internationale ou de le réinstaller dans un pays de l’UE.

  • Développer des solutions de partenariat innovantes avec les pays d’origine et de transit pour le retour et la réintégration des mineurs non accompagnés (lorsque cela est dans l’intérêt supérieur du mineur et en donnant la priorité au retour volontaire).
  • Accorder le statut de réfugié ou de protection subsidiaire aux mineurs non accompagnés relevant de ces catégories et aider à leur intégration dans la société d’accueil
  • Réinstaller dans l’UE les mineurs non accompagnés qui sont réfugiés dans des pays tiers si, après une évaluation minutieuse en collaboration avec le HCR et les organisations de la société civile concernées, aucune autre solution durable n’est disponible.

Sylvie Laroche parle de la nécessité de protéger les enfants

Sylvie Laroche Armée du Salut (ancienne directrice) explique; « il faut protéger les mineurs non accompagnés détectés à la frontière ou sur le territoire de l’UE en appliquant des mesures d’accueil et en prévoyant des garanties procédurales jusqu’à ce qu’une solution durable soit trouvée ».

Les actions mises en place par l’UE

  • Désignez un représentant pour tous les mineurs dès qu’ils sont détectés.
  • Séparer les mineurs des adultes pour les protéger des trafiquants ou des passeurs et, ainsi, prévenir la victimisation.
  • Prévoir un hébergement approprié (la détention ne doit être utilisée que dans des situations exceptionnelles).
  • Créer des lignes directrices communes sur l’évaluation de l’âge et la recherche de la famille.

A propos du soutien financier de l’UE

Le Fonds européen pour les réfugiés finance les actions relatives aux mineurs non accompagnés demandeurs d’asile, réfugiés ou ayant le statut de protection subsidiaire, ainsi que les activités de réinstallation des États membres de l’UE.

Le Fonds européen d’intégration finance des activités visant à faciliter l’intégration des mineurs non accompagnés dans la société d’accueil, qui ont le droit de rester dans l’UE.

Le Fonds pour les réfugiés et le Fonds d’intégration donnent la priorité aux activités liées aux mineurs non accompagnés, ce qui leur permet de bénéficier d’un cofinancement communautaire plus élevé (75 % au lieu de 50 %).

Le Fonds européen pour le retour finance des projets qui prévoient un contrôle et un suivi après le retour, notamment en ce qui concerne les enfants victimes de la traite des êtres humains, des activités de recherche des familles dans le cadre du retour pour réunir les enfants avec leurs parents, la réintégration des rapatriés (soutien aux familles et aux communautés), la gestion du retour par les autorités du pays d’origine et la création de possibilités d’études et de formation pour les mineurs rapatriés dans leur pays d’origine.

Le programme spécifique « Prévention et lutte contre la criminalité » et son appel à propositions ciblé sur la traite des êtres humains soutiennent les efforts de l’UE pour éradiquer la traite des êtres humains, y compris les actions liées aux enfants victimes non accompagnés.

Le projet pilote sur les mineurs non accompagnés finance, par le biais d’appels à propositions, des actions qui visent à identifier les bonnes pratiques en matière de politiques de prévention, d’accueil, de protection et d’intégration des mineurs non accompagnés.